9. Promesses de voyage et projections imaginaires (1973-1979)

Avec les années, l’écriture plastique de Van Lint s’élargit, s’élague, se dépouille : les articulations sont plus souplement déliées, les couleurs toujours lumineuses optent pour des accords moins heurtés. Grâce aux passages de plans colorés admirablement orchestrés – ce que Van Lint appelait « les coutures »- l’artiste n’a pas son pareil pour dissoudre le graphisme et la construction générale dans la couleur.

Il y a une façon d'écrire une courbe ou une arabesque qui demande de l'entrain, de la sensibilité. Tout est important et a une portée. Une ligne démarra subtilement, très mince, et puis elle s'élargit, s'épaissit, la matière change.

Il continue cependant de trouver la clé de ses compositions non d’un pur imaginaire, mais de ce butin précieux qu’il ramène de ses plongées persévérantes partout où l’émeuvent un climat, la couleur d'une terre, le jeu d’une vague, la forme mouvante d’un ciel, la morphologie d’un végétal, telle métamorphose saisonnière. En 1974, l’année où il doit subir l’ablation d’une grande partie de l’estomac, Van Lint est honoré d’une exposition d’hommage au Palais des Beaux-Arts de Charleroi.